Quelques repères

"L'arbre va tomber, le monsieur veut garer sa voiture"
En 1879, deux frères, agriculteurs maraîchers, héritent d'une propriété achetée par leurs parents le 16 mars 1849. Cette petite propriété agricole et maraîchère, contenait aussi l'ancien "relais de diligence", "une maison servant d'auberge ayant pour enseigne l'Auberge du Chêne-Vert, sise au Gouvert d'Enchassac"
En 1912, René, entreprend la construction d'une habitation sur sa part
d'héritage
La propriété voisine, "Chassat" est "bornée" en bordure de
route, par un superbe et vigoureux Quercus ilex, d'où la probable origine du nom
donné à l'auberge et ensuite à la maison. Faute de chêne-vert, ils plantent à
l'angle de la maison un plus commun chêne pédonculé
J'ai conservé le nom Chêne-Vert parce qu'il situe cette bordure Nord-est du Massif-central, limite de développement raisonnable de Quercus ilex.
Le majestueux et multi-centenaire Chêne-vert sera sauvagement, autant
qu'arbitrairement*, abattu par les sévices, ce n'est pas moi qui fait la faute,
de "l'équipement", dans les années quatre vingt, en mal sans doute de confirmer
leur vocation de
protecteurs
du patrimoine naturel national ! Le Quercus robur est aujourd'hui toujours là
*l'arbre était planté derrière le mur. Donc naturellement, sans intervention
humaine le mur un jour est tombé ; donc, humainement, ce ne pouvait être que la
faute de l'arbre
là, un grand blanc
D comme une
minute de silence
D l'angoisse en
plus
E
en
attendant que la bête meure ?
Les services de Destruction De l'Equipement naturel national poursuivent leurs manœuvres militaro - écologiques (avec la bénédiction de ce que l'on nomme ailleurs les représentants du peuple), en massacrant, avant de détruire le jardin qui ornait la propriété
Nous retiendrons particulièrement, pour mémoire, la présence dans ce jardin de
Aesculus x neglecta 'Erythroblasta' : Quatre étoiles au guide de Jelena
Liquidambar styraciflua : Le soleil n'est jamais gris l'hiver
Calocedrus
decurrens : Le plus beau que j'ai vu
Ginkgo biloba : Il en a enterré
d'autres
Chaenomeles catayensis : Après une aussi longue absence
Longtemps, parce qu'une enfance est toujours trop longue à cet âge, nous
jouirons de ce "jardin de riches", nous surplombant mais coloré aussi des
vocalises d'une fille un peu folle en longue jupe corollée, par la fenêtre du
grenier ; la nôtre donnait vers le sud, sur notre jardin tristement potager
Que ce devait être agréable d'aller au parc pour se mettre à l'ombre chanter ou
ne rien faire, courir dans les allées, se cacher dans les buissons, jouer dans
les couleurs des lumières et des ombres . . . quand il nous fallait au moins ne
pas déranger le bétail ou marcher sur les poireaux
Une autre impression est
celle d'une toile de peintre, je ne me souviens plus du nom, quelque chose comme
du Renoir, avec les couleurs neuves d'un Ronsard et pas celles plus à l'ombre
pour ce que je connais du premier
Les couleurs étaient là, douces de lumières enfeuillées des grands arbres, le banc aussi, dessous, vivant d'attente même vide
Il m'a fallu longtemps aussi pour comprendre pourquoi un jardin, d'ornement ou
d'agrément comme ils disent, le beau et le plaisir ont donc un âge ?, était
affaire de vieux ; terrain, plantes, temps, à moins d'être fils de, à vingt ans
ou trente c'est pas gagné, même quand tu vieillis trop vite d'une enfance
insipide
Mon psy disait d'ailleurs un jour . . . mais je ne l'écoute pas
quand il parle vengeance ; et tant pis si le bonheur m'est fruit de
délivrance
des hiers perdus
au milieu d'avant-hiers
pour armer d'aujourd'hui
tous les demains à dépasser